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  • : Blog d'un militant socialiste de 34 ans, conseiller municipal à Quimper . Ses coups de coeur, ses coups de gueule etc... Sa conviction au reformisme radical, Son regard sur la politique locale et nationale
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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 09:49

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Published by Karim Ghachem - dans Politique
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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 17:08

Tribune de  Najet Mizouni, Secrétaire fédérale à l'International, Parti Socialiste, Paris, Quentin Guillemain, Membre du Bureau Fédéral, Parti Socialiste, Paris et animateur de "Dépasser nos Frontières", Aurélien Taché, Délégué fédéral à l'Euro-Méditerranée et aux démocraties émergentes, Parti Socialiste Paris

 

La révolution tunisienne est en train de vivre un tournant crucial. La répression sanglante du mouvement social de Siliana en novembre dernier, l'attaque du siège de l'UGTT par des militants islamistes en décembre, les manoeuvres d'Ennadha pour bloquer toute tentative de parvenir à un gouvernement plus équilibré en janvier, l'assassinat de Chokri Belaïd le 6 février et enfin la démission du 1er ministre Hamadi JEBALI marquent la fin de la première séquence de la révolution tunisienne.

 

Nous entrons en effet dans une nouvelle phase de "la révolution de la dignité et de la liberté », marquée par l'échec de la troïka au pouvoir dans la conduite de la transition démocratique. L'Assemblée Nationale Constituante élue le 23 octobre 2011 et présidée par Mustapha Ben Jaafar, avait reçu mandat d'un an pour rédiger la Constitution. Force est de constater que c'est aujourd'hui un échec. L'opposition n'a eu de cesse de dénoncer les manoeuvres dilatoires des députés d'Ennadha pour bloquer ou retarder les travaux de l'ANC, pariant ainsi sur son épuisement. Les Tunisiens sont en passe de se lasser de ce qui est pourtant un moment essentiel de la construction démocratique de leur pays et sont de plus en plus en nombreux à penser que la rue sera la seule issue.

 

Nous pensons qu'il est temps, pour les forces progressistes du Sud comme du Nord de la Méditerranée, de réagir. Mustapha Ben Jaafar, élu Président d'honneur de l'Internationale Socialiste à Lisbonne en février dernier, a appelé les partis progressistes et démocrates européens à s'engager plus fortement dans le soutien aux révolutions arabes. Nous l'appelons à notre tour à une prise de conscience de la nécessité de favoriser activement un dialogue avec l'ensemble des forces progressistes participant à la transition démocratique en Tunisie et plus généralement dans tous les pays ou une telle transition est en cours.

 

Quand nous regardons en tant que socialistes les partenariats que nous avons privilégiés en Tunisie par le passé, nous ne pouvons être que critiques. Comment justifier en effet le choix du Rassemblement Constitutionnel Démocratique de Ben Ali comme parti membre de l'internationale Socialiste jusqu'à la veille de son renversement ? Nous étions bien peu de socialistes à dénoncer ce choix en 2008 en lançant la campagne "Ben Ali, Yezzi !". Ainsi, nous ne pouvons plus nous contenter d'un soutien à nos partenaires internationaux historiques.

 

Les partis politiques traditionnels se sont souvent retrouvés disqualifiés lors de bouleversements démocratiques récents (les révolutions arabes comme les mobilisations civiques en Hongrie en sont des bons exemples).Ils n'ont malheureusement pas été des acteurs déterminants dans les mouvements populaires souvent nés grâce au réveil de la société civile. Il est ainsi temps pour notre parti et pour la gauche de retrouver sa culture de soutien aux mouvements démocratiques émergents.

 

Engageons-nous clairement aux côtés de toutes les forces progressistes qui ont à coeur de mener à bien la transition démocratique en Tunisie !

 

L'opposition civile comme politique doit être entendue quand elle dit que l'actuelle troïka n'est plus légitime pour diriger seule le pays. Le processus actuel de transition démocratique en Tunisie engagé par l'ensemble des forces politiques suites aux premières élections libres doit désormais s'accélérer. Un calendrier réaliste doit être défini car les Tunisiens ne peuvent pas rester au milieu du gué. L'Assemblée Nationale Constituante légitimement élue doit désormais pouvoir rédiger et mettre en oeuvre la nouvelle constitution afin que puisse se tenir des élections sur la base de projets gouvernementaux clôturant ainsi cette période de transition.

 

L'Etat de droit, seul à même de garantir la sécurité de chacun et la justice pour tous, ne saura être préservé que si, dans ce moment difficile, le critère de compétence prévaut dans l'attribution des portefeuilles ministériels et que le gouvernement se cantonne à la seule gestion des affaires courantes.

 

Le nouveau 1er ministre Ali Laarayedh, ancien secrétaire général d'Ennadha et ministre de l'Intérieur du gouvernement sortant (dont le bilan est notamment entaché de la lourde répression de la manifestation du 9 avril 2011 ou encore par les tirs de police sur les manifestant de Siliana en novembre dernier) donnerait ainsi un signal fort en revenant sur certaines nominations jugées très partisanes et en prononçant la dissolution des milices et ligues de protection de la révolution (en grande partie responsables du climat d'extrême tension dans lequel se trouve le pays), ainsi que le demande l'opposition.

 

C'est pour défendre cette position que nous nous rendrons à Tunis en mars à l'occasion du Forum Social Mondial afin de rencontrer les forces progressistes tunisiennes, leur apporter notre soutien et tracer des perspectives communes dans la continuité de notre combat pour l'émergence d'un espace démocratique euro-méditerranéen. Voilà un défi à la hauteur d'une gauche moderne, démocrate et internationaliste. Saurons-nous, collectivement, le relever ?

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 11:36
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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 14:03

 

 

AG1erPSHier, les socialistes de la première circonscription du Finistère étaient réunis en assemblée générale de présentation des candidatures à la circonscription et au premier secrétariat fédéral.

 

Le vote de ce soir est la dernière étape du congrès de Toulouse de renouvellement de nos instances et de validation du projet politique des prochaines années.

 

En effet, les socialistes sont invités ce jour à partir de 17h00 à 22h00 à désigner ceux et celle qui auront la charge d’animer notre parti à l’échelle locale et fédérale : Secrétaire de section, Délégué de circonscription et 1er secrétaire fédéral.

 

Sur Quimper, Matthieu Stervinou et Jean Marc Tanguy brigueront respectivement la fonction de secrétaire de section et de délégué de circonscription. Ceux qui les connaissent savent l’énergie et la volonté dont ils sont capables pour porter haut les valeurs de la gauche et des socialistes. Ils sauront donner un nouveau souffle localement et à impulser la dynamique nécessaire pour gagner la bataille culturelle qui s’engage.

 

Cette bataille culturelle a été au centre des débats entre les candidats au poste de premier fédéral, hier soir.

2 candidats et une candidate (Marc Coatanéa, Yohann Nedellec et Nadia Djabali), dans une confrontation fraternelle ont exposé leur vision de la fonction hier.

 

J’avoue, comme la plupart des camarades ne pas avoir décelé de divergences structurelles entre les 3 camarades.

 

Nadia Djabali a tout le long de la soirée assuré vouloir s’inscrire dans la continuité de l’existant, présentant sa candidature comme une candidature impromptue mais symbolique

 

Yohann Nedellec s’est surtout concentré sur les réformes statutaires de notre parti, sur la vie interne fédéral du PS et la formation.

Comme je l’ai rapporté lors de mon intervention  hier soir, on  peut difficilement être en désaccord avec la majorité des propositions qu’a défendu Yohann sur les fonctionnements fédérales vu que la plupart d’entre elles ont déjà été ratifiées au congres de St Pol de Leon par l’ensemble du Parti.

 

Quant à Marc Coatanéa, tout en portant des réponses claires sur les améliorations de fonctionnement interne du Parti, il s’est surtout attaché à porter le projet politique que le PS finistérien doit défendre que ce soit sur les questions économiques et sociales (emploi, justice sociale, économie maritime …), sur l’aménagement du territoire (TGV,  péréquation …) ou sur les questions sociétales dont il a la charge depuis 1 an en tant que secrétaire national aux questions de société. Il nous a présenté une feuille de route volontaire et ambitieuse pour mener à bien le combat pour la justice et la réduction des inégalités, de toutes les inégalités. Tout ceci en mettant le militant au cœur du dispositif (formation, laboratoire des idées …) et en affichant une volonté déterminée à ouvrir plus encore le PS aux syndicats, aux associations et à nos partenaires des autres partis politiques.

 

C'est sur ces questions que nous attendent les finistériens, notre tambouille interne n'est qu'un outil au service de la reflexion sur la résolution des problème des français-es. Améliorer cet outil est indispensable mais à la seule condition de savoir à quoi il va être utilisé.

 

Vous l’aurez compris ce soir mon vote sera clair et cohérent, j’opterai pour le tiercé gagnant (Matthieu Stervinou, Jean Marc Tanguy, Marc Coatanéa).

 

 

 

 

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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 11:03

stpoldeleon.jpgSamedi 400 socialistes finistériens se sont retrouvés à St Pol de Léon pour leur congrès fédéral. Plus de 5 heures d'échanges entre socialistes.

Ce fut le lieu de nombreuses interventions de qualité même si parfois certaines ont fait preuve d'une "spontanéité organisée" , pour reprendre le bon mot d'un camarade, qui n'étaient pas vraiment dans la tradition fraternelle de ces rendez vous.

Ce fut aussi le moment de l'annonce de 3 candidat-es pour le 1er secrétariat fédéral, tous issus d'une même motion (sensibilité).

 

Je ne pense pas devoir dire que mon soutien va pleinement à Marc Coratanéa dont le travail et la disponibilité ont durant son précédant mandat fait avancer les socialistes en Finistère,: exemplarité sur la rénovation saluée nationalement, grand Chelem aux législatives avec 8 député sur 8 et enfin son abnégation à faire passer la concorde entre socialiste avant ses ambitions personelles bien que légitimes.

 

Je suis intervenu lors de ce congres fédéral reprenant la thématique "Réidéologiser notre parti" que j'avais défendu lors de la phase des contributions avec "Dépasser nos Frontières" et que la motion 1 a intégré dans son texte.

 

Voici le contenu de mon intervention:

 

Cher-e Camarade

 

La victoire de François Hollande est un événement majeur pour notre pays. C’est une réussite historique pour notre parti.

Dans un contexte de crise économique et sociale, l’exploitation des peurs, la tentation du repli identitaire, la facilité des positions populistes nous ont pourtant rarement été favorable, historiquement.

 

Le peuple français, le peuple de gauche, les finistérien-nes nous ont néanmoins fait à plusieurs reprises confiance : Régionale, cantonale, primaires, présidentielle et législatives (avec 8 député-es sur 8 portant haut les couleurs de la gauche)

 

Cette confiance nous oblige mais elle ne doit pas nous aveugler.

 

Sociologiquement, électoralement, territorialement, l’implantation socialiste n’a jamais été aussi forte. Mais sur le terrain idéologique, nous devons compter sur un rapport de force qui nous est beaucoup moins favorable.

 

L’opinion peut faire une élection mais elle ne peut en rien constituer une orientation.

 

Nous devons être offensif et ne pas céder aux pressions conservatrices si nous ne voulons pas tomber dans le piège de la simple gestion du pouvoir en reniant peu à peu nos valeurs et notre histoire. Je citerais trois exemple parmi tant d’autres, où nous n’avons pas le droit de reculer : le vote des étrangers aux élections locales, le mariage et l’adoption pour tous, l’instauration d’une fiscalité juste où le capital et surtout la rente doivent être beaucoup plus contributeur.

 

La droite acculé électoralement s’est livrée à une refondation idéologique structurée, si l’on résume grossièrement, autour des 3 I « Identité, Immigration, Insécurité ». Même si cette stratégie a peut-être précipité la défaite de Nicolas Sarkozy, elle a posé les germes d’une mutation de la droite française qui rejoint par ce fait les mouvements populistes qui prospèrent en Europe et ailleurs en jouant sur les peurs et prônant un repli sur soi au service de l’idéologie néolibérale.

Si la gauche a bien gagné dans les urnes, elle a été largement été attaquée dans les esprits.

La bataille culturelle est loin d’être gagnée.

La double dynamique de la globalisation financière et de la mondialisation salariale a rendu obsolète ce qui faisait la forces des idées de la social-démocratie. Les compromis Salariés/Patronat, Etat/Marché, Compétitivité/Solidarité se sont largement épuisés face à un monde en mouvement perpétuel.

Face à cette désagrégation des réponses traditionnelle de la gauche, nous avons su en partie nous renouveler : notre nouvelle déclaration de principe, notre travail lors des conventions sur l’égalité réelle, le juste échange, la nouvelle donne fiscale s’inscrivent dans cette démarche.

Mais Il nous faut aller beaucoup plus loin.

 

Mes camarades, la motion 1 propose comme grand chantier de ces trois ans de réidéologiser le PS. C’est essentiel, et cela passera par plus de travail, d’ouverture, de formation et de volontarisme.

 

Mes camarades, pour conclure, laisser moi penser que si nous mettions autant d’énergie dans le travail sur le fond, sur les idées que dans celle déployée à élaborer nos liste de candidats, ou au service d’ambitions personnelles nous gagnerions presque tous les combats.

 

Merci

 

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 11:51
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7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 16:08

264779_10150173895959058_716459057_6141249_4156165_n.jpgHier, j’étais à Brest pour former les militants et sympathisants qui auront la charge de tenir les bureaux de vote primaires le 09 et 16 octobre.

C’est la quatrième séance de formation que j’anime après Quimper, Rosporden et Châteaulin. Des cessions de rattrapage seront programmées bientôt en septembre ainsi que dans le Morbihan

 

Une participation assez importante hier puisque prés de 100 personnes ont assistées à cette formation. Il a été question de la disposition et du fonctionnement d’un bureau de vote avec un exercice de simulation de vote pour mettre en pratique tous les dispositifs. Un exercice intéressant pour prendre la mesure de tous les procédures qui ont été mises en place pour un processus totalement démocratique, transparent et répondant à toutes les exigences des différentes instances institutionnelles (CNIL, Financement …).

 

Cela a été aussi l’occasion d’échanges et de multiples questions : qui peut voter ? Comment la participation aux frais se déroule ? L’obligation de pièces d’identité même pour les petites communes, La communication pour informer les citoyens du lieu du vote etc …

 

Bref,  2h intense qui auront permis je l’espère d’outiller ces acteurs des primaires  pour que le 09 et 16 octobre soit une réussite.

 

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 14:18

Il y a moins d'une semaine je centrais mon tour d'horizon politique à la réunion de section sur la crise que traversait aujourd'hui l'Europe. J'y pointais le manque d'ambition et d'impulsion pour pousser plus en avant cette belle idée d'Europe du notamment à une commission plus gestionnaire que prospective et à une majorité de gouvernement de droite séduite à l'idée d'une Europe réduite à un simple marché.

Cette gestion sans aucun avenir d'état à état est à mon sens, pour beaucoup dans la crise actuelle. A quand enfin lune Europe plus fédérale...

 

Une lueur d'espoir residait dans la volonté nettement plus marqué depuis 3 ans du PS de travailler plus au niveau des partis européens et notamment au sein du PSE pour un véritable projet de gauche européen.

 

Eco 89 publie aujourd'hui un article "Europe : Aubry fait programme commun avec les Allemands". donc je n'hésite pas à vous le faire partager

 

Rue89 publie la déclaration commune du Parti socialiste (PS) français et du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) présentée par leurs première secrétaire et président, Martine Aubry et Sigmar Gabriel.

L'union monétaire européenne connaît depuis l'année dernière la plus grave crise de son Histoire. La situation actuelle – qualifiée par beaucoup de « crise de l'euro », eu égard à l'énorme dette publique de certains pays membres – menace l'intégration européenne dans son ensemble.

Il a fallu sauver d'abord la Grèce puis l'Irlande et le Portugal de la banqueroute par le biais d'aides financières européennes communes, dont l'objectif était de garantir la solvabilité de ces Etats et d'éviter une faillite nationale doublée de répercussions imprévisibles pour l'espace monétaire européen.

L'Union européenne a déployé un parapluie provisoire, dans un premier temps, d'un montant total de 750 milliards d'euros, qui doit à partir de 2013 déboucher sur un mécanisme européen de stabilité (MES) pérenne.

Il était et est impératif de soutenir solidairement les Etats européens qui traversent une grave crise financière et d'instituer un mécanisme de protection durable de l'euro dans son ensemble.

Les mesures de protection et les plans de sauvetage actuels sont toutefois trop limités et ne peuvent suffire, loin s'en faut, à sortir durablement l'Europe et la monnaie commune européenne de la crise. Ils s'attaquent uniquement aux symptômes mais ne luttent pas contre les causes plus profondes des crises financières des Etats.

Il faut par conséquent réformer en profondeur la politique économique, financière et sociale européenne dans le cadre d'un gouvernement économique européen démocratiquement légitimé et doté d'une grande capacité d'intervention. L'enjeu n'est rien de moins que d'en finir avec les erreurs originelles de l'union monétaire européenne : le manque d'encadrement de la monnaie commune par une politique sociale et économique commune et concertée.

Ni économiquement pertinent, ni socialement juste

Les chefs d'Etat et de gouvernement européens, en majorité conservateurs et libéraux – en tout premier lieu la chancelière allemande et le président Sarkozy – se sont refusé bien trop longtemps à débattre d'une gouvernance économique européenne. Ils ont sous-estimé l'ampleur de la crise monétaire et financière. Ils ont réagi et usé de tactiques au lieu d'anticiper et ont finalement manqué de la vision politique dont l'Europe aurait eu cruellement besoin pendant la crise.

L'Europe régie par les conservateurs a trop hésité. Elle a réagi bien trop tard aux défis posés par la monnaie commune et inutilement continué à réduire la confiance des marchés financiers envers l'espace monétaire européen. A ce jour, la crise de la zone euro n'est toujours pas surmontée.

Les avancées décidées lors du dernier Conseil européen en mars 2011 – réforme du pacte de stabilité et de croissance, accord sur les principes d'un mécanisme de stabilisation européen durable et sur un pacte pour l'euro – sont bien en deçà du grand élan politique nécessaire à la mise en œuvre d'un véritable gouvernement économique européen. Ce sont des initiatives qui visent pour l'essentiel uniquement la rigueur budgétaire et une austérité stricte, considérées comme la voie royale pour sortir de la crise la totalité de l'Union européenne et des Etats membres de l'UE.

C'est pourtant une approche aussi erronée que dangereuse. Elle réduit en effet la crise monétaire européenne à une crise d'endettement des pays membres et oblitère ainsi totalement une cause centrale de la crise actuelle qui traverse la zone euro : la crise des marchés financiers internationaux déclenchée par une spéculation outrancière qui a contraint à plusieurs reprises les Etats membres de l'Union européenne à s'endetter plus profondément pour empêcher un effondrement total des marchés financiers.

Ce sont les contribuables qui vont devoir payer la note de la crise. A cause des conservateurs européens, les banques et les spéculateurs, dont les opérations financières hasardeuses ont pourtant provoqué la crise, s'en sortent sans avoir à en porter les conséquences. Ce n'est ni économiquement pertinent ni socialement juste.

Solidarité et cohésion sociale en Europe, en danger

Les initiatives et réformes actuelles sont insuffisantes parce qu'elles prescrivent une voie, celle de l'austérité économique, censée être le remède universel pour tous les Etats membres. Elles négligent inconsidérément des disparités économiques et des déséquilibres parfois considérables entre les Etats membres de l'UE et menacent de creuser encore les fractures économiques au sein de l'union monétaire et économique, au lieu de les combler.

En dépit de réformes et d'économies considérables, la Grèce ne sera probablement pas en mesure de revenir sur les marchés en 2012. Cela montre que le plan d'aide de la Grèce n'était ni assez équilibré ni assez pérenne. La population ploie sous les mesures d'austérité drastiques, l'activité économique recule et les intérêts élevés annulent toute marge de manœuvre pour réaliser les investissements pourtant impérieux. La croissance économique nécessaire à une consolidation fait défaut.

Une politique d'austérité ciblée de cette nature passe non seulement à côté de son objectif annoncé : remettre sur pied le pays en crise concerné. Elle met également en danger la solidarité et la cohésion sociale dans l'Europe entière en suscitant de l'incompréhension et du mécontentement autant au sein de la population que parmi les Etats donateurs et destinataires.

► Les bases d'une gouvernance économique et sociale plus forte et plus efficace

Les initiatives actuelles ne permettent pas de fonder un gouvernement économique européen fort en réponse à la crise financière et monétaire. Il est nécessaire d'adopter à cet effet d'autres réformes, bien plus vastes.

1

Une taxe sur les transactions financières en Europe

Les décisions prises à ce jour resteront inopérantes car leur but est d'imposer simplement une réduction de l'endettement sans mettre en place simultanément des instruments susceptibles de générer des recettes supplémentaires permettant à l'UE et à ses Etats membres de financer les nécessaires investissements futurs.

A cet égard, la revendication centrale du SPD et du PS est claire : nous voulons une taxe sur les transactions financières en Europe qui fasse participer les responsables de la crise à ses coûts. Cette taxe doit figurer au cœur du développement de la politique financière et fiscale européenne.

Des études scientifiques estiment qu'une taxe modérée à hauteur de 0,05 % permettrait de rapporter des recettes à hauteur de 200 milliards d'euros annuels. Une telle taxe sur les transactions financières en Europe permettrait aussi de restreindre les spéculations à court terme, nuisibles pour les marchés financiers.

 

2Un programme de croissance européen

Une orientation de tous les Etats membres sur une même rigueur budgétaire et un gel des salaires est trop simpliste et ignore les enjeux complexes d'une politique économique et financière européenne concertée.

Il serait au contraire indispensable de mettre en œuvre des règles et objectifs communs qui garantissent un équilibre entre la compétitivité à l'exportation et la demande sur le marché intérieur dans tous les Etats membres. Les « pays excédentaires » doivent consolider leur demande nationale et les « pays déficitaires » améliorer la productivité de leur économie.

Les instruments adoptés jusqu'ici par les chefs d'Etat et de gouvernement pour réduire les déséquilibres économiques font certes un pas dans le bon sens. Mais il leur manque une dimension sociale forte, qui garantisse les minimas sociaux et donne en même temps des incitations à l'investissement.

Il faut aller au-delà de la série de mesures arrêtées par le Conseil européen en mars 2011 et donner rapidement naissance à un programme de croissance européen qui soutienne en particulier l'activité économique et la compétitivité des Etats membres affaiblis et qui, grâce aux excédents de recettes dans ces Etats membres, stabilise l'union monétaire dans son ensemble.

3Des euro-obligations

Le gouvernement économique européen doit en outre créer un cadre durable pour refinancer les Etats de la zone euro. On ne peut pas se contenter de compter sur les sommes débloquées par le parapluie actuel et par le futur mécanisme pérenne de stabilisation. L'assainissement d'un pays fortement endetté ne doit pas être uniquement à la charge des contribuables. Les créanciers privés doivent également assumer leurs responsabilités. Ce processus doit être assuré dans le cadre du mécanisme pérenne de stabilisation.

A cela devrait s'ajouter l'émission d'euro-obligations ou la mise en place d'autres mécanismes qui permettent aux pays de la zone euro de refinancer à meilleur coût une partie de leur dette sur les marchés.

Les euro-obligations doivent toutefois s'inscrire dans un projet politique global qui comprend :

  • l'implication des créanciers dans les pays les plus touchés,
  • une responsabilité solidaire pour la totalité de la dette publique restante de la zone euro, en lien avec la réalisation des autres étapes nécessaires à l'institution d'un gouvernement économique européen.

Les euro-obligations ne sont pas seulement un instrument permettant de créer des cadre durable de refinancement. Elles peuvent conjointement donner un signal fort aux marchés financiers sur la fermeté et la solidarité européenne.

4

Redonner aux banques leur fonction originelle de service

Il est en outre impératif de faire de nouveaux pas vers la réforme des marchés financiers et du secteur bancaire en Europe. Lors des négociations des directives sur la régulation des agences de notation, des hedge funds et de la titrisation des risques de crédit, les conservateurs et libéraux européens se sont contentés de compromis a minima. Il reste beaucoup à faire pour redonner aux banques leur fonction originelle de service, c'est-à-dire d'instituts qui réunissent des capitaux et alimentent l'économie avec des crédits.

Il faut réduire notablement encore l'attrait que constitue l'investissement d'argent excédentaire – qui fait cruellement défaut ailleurs – dans des spéculations à haut risque.

  • les banques doivent posséder des parts de capital propre plus élevées ;
  • il reste impératif d'accroître la régulation des produits hautement spéculatifs, comme les produits financiers dérivés, et d'améliorer le contrôle et la transparence, par exemple grâce à l'introduction d'obligations pour le commerce, par la création d'organismes de compensation (« clearing ») ou encore par l'interdiction de certains produits ;
  • il est également inéluctable de mettre en œuvre un contrôle encore plus efficace des agences de notation. Il faut veiller à ce que les « arbitres » ne soient pas aussi des « joueurs ». Une régulation européenne est en train de se constituer. Il serait cependant encore préférable de créer des agences de notation de droit public ;
  • il faut changer les règles comptables afin d'identifier tous les risques et engagements dans le résultat global ;
  • il faut constituer un véritable fonds de garantie financé par les banques, capable de financer les restructurations et la liquidation des instituts en situation critique ;
  • il faut renforcer la protection des épargnants et des clients des banques en séparant les activités de dépôt de celles d'investissement.

5

Un encadrement des taux planchers des impôts sur les sociétés

En matière de politique fiscale, l'assiette fiscale commune va dans la bonne voie. Mais elle doit absolument être associée à un encadrement des taux planchers des impôts sur les sociétés.

C'est le seul moyen d'empêcher concrètement le dumping fiscal et une compétitivité négative.

6

Un pacte de stabilité sociale

Une gouvernance économique européenne doit aussi posséder une forte dimension sociale. Les conservateurs et les libéraux, qui ont la majorité au Conseil européen, à la Commission européenne et au Parlement européen refusent jusqu'à présent de faire un pas dans cette direction.

Pour le SPD et le PS en revanche, les choses sont claires : nous voulons qu'un pacte de stabilité sociale fasse partie intégrante du gouvernement économique européen. Nous y lions les revendications suivantes :

  • des objectifs communs des Etats de l'Union européenne en matière de dépenses sociales et éducatives qui soient proportionnées aux performances économiques de chaque pays ;
  • une évolution des salaires minimums dans chaque Etat membre de l'UE, en fonction du revenu national moyen de l'Etat ; les salaires devant suivre les hausses de productivité ;
  • des normes minimales en matière de prestations sociales (par exemple, assurance vieillesse, maladie, chômage) ;
  • une clause de progrès social, ancrée dans le droit communautaire primaire, qui stipule que les libertés économiques fondamentales du marché unique européen ne prévalent pas sur les droits sociaux fondamentaux.

Cette politique sociale et économique européenne concertée dans le cadre d'une véritable gouvernance économique européenne permettra une croissance économique durable et un niveau d'emploi élevé.

Nous nous engageons en outre en faveur de l'élaboration d'un Pacte européen des échanges extérieurs qui stipule la prise en compte du respect des normes sociales et environnementales dans les relations commerciales de l'Union Européenne avec le reste du monde ainsi que l'ancrage de ces normes dans les règles du commerce international.

Le « carré magique » pour l'Europe, c'est une monnaie stable, un commerce extérieur performant et une croissance économique qui permette à la fois un niveau d'emploi élevé et la durabilité écologique. C'est la bonne voie pour la politique sociale et économique de l'Europe pour l'avenir. Ce n'est cependant pas celle qu'ont empruntée les conservateurs et les libéraux sous la conduite franco-allemande de la chancelière Merkel et du président Sarkozy.

Une gouvernance économique doit être pleinement démocratique

A cela s'ajoute le fait que Mme. Merkel et M. Sarkozy entendent imposer au reste de l'Europe un directoire. Non seulement ils ont irrité nos partenaires européens en ayant conclu à plusieurs reprises des accords non concertés avec les autres Etats membres en amont des derniers Conseils européens, puis en les plaçant devant le fait accompli. Mais en plus, en faisant du Conseil européen, donc des chefs d'Etat et de gouvernement, l'instance décisionnelle centrale de la politique financière et économique européenne, ils ont bouleversé les structures actuelles de l'Union européenne.

La Commission européenne et le Parlement européen, organes communautaires du triangle institutionnel de l'UE, sont affaiblis au profit d'une logique intergouvernementale au sein du Conseil européen. C'est une régression pour la démocratie et la culture politique démocratique au sein de l'Union européenne.

Un gouvernement économique démocratiquement légitimé ne peut pas voir le jour dans ces conditions. Il suppose en effet que la Commission européenne, le Parlement européen ainsi que les parlements nationaux prennent largement part aux grandes décisions qui incombent à un gouvernement économique européen en matière de politique financière, économique et sociale.

Contre une renationalisation : oser plus d'Europe

Les conservateurs et les libéraux européens – et en tout premier lieu les gouvernements français et allemand – sont en train de ruiner les chances que l'Europe s'en sorte mieux après qu'avant la crise. Nous ne devons pas les laisser faire. Les enjeux sont trop importants.

Si l'Europe ne parvient pas à donner une réponse forte et unie à la crise, une réponse qui conjugue compétitivité économique et justice sociale, alors le projet d'unification européen risque de nourrir le ressentiment de la population. Et ceux qui pensent que moins d'Europe est la bonne réponse à la crise pourrait alors l'emporter.

Mais ceux qui conçoivent l'Europe comme un lieu de marchandage entre des intérêts nationaux, voire d'une renationalisation politique, sont foncièrement dans l'erreur. Ils négligent le fait que seule une Europe forte et unie dans la solidarité est capable d'apporter une réponse convaincante aux défis de notre époque, qu'il s'agisse de la réorganisation des marchés financiers, de la gouvernance économique, du changement climatique ou de l'instauration, à l'échelle mondiale, d'une politique de désarmement et de paix responsable.

Oser plus d'Europe – voilà la bonne voie pour aujourd'hui. Et c'est la voie dans laquelle nous nous engageons ensemble, sociaux-démocrates allemands et socialistes français. Un gouvernement économique européen qui agit efficacement, doté d'une orientation sociale et reposant sur des principes démocratiques, doit en constituer le principal projet d'avenir.

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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 17:50

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Les manifestations sont nombreuses pour commemorer l'accession de la gauche à la présidence en mai 81, vous pouvez suivre notamment sur le site http://www.mon10mai.fr/ les souvenirs de ceux qui l'ont vécu, ce que cela représente pour ceux qui n'étaient pas encore né, l'aspiration au changement de cette époque et de la notre...

 

Cette année ne manquera pas de commémorations au vu des transformations majeures accomplises lors de cette premiere année mitterandienne, le 18/09 ce sera la commémoration des 30 ans de l'abolition de la peine de mort, le 09/11 celle de la libéralisation des radios "libres", le 20/12 celle de la dépénalisation de l'homosexualité ... etc etc etc ...

 

Preuve s'il en faut des changements sociétaux majeures que la gauche a mis en place apres 23 ans de règne sans partage de la droite.

 

Que commemorerons nous dans 30 ans ? Après presque 10 ans de droite au pouvoir : la non solidarité avec le printemps arabe de 2011, le bouclier fiscal, les lois Perben, les "casse toi p've con", l'exoulsion des rom ...).

 

Peut être je l'espere y aura-t il beaucoup plus à commemorer en 2022-2032-2042...

 

 

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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 10:29

 

Un Le Pen reste un Le Pen...

 

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