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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 15:53
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Published by Karim Ghachem - dans blog politique : DSK
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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 23:11

 

 

A lire aussi :

DSK est de gauche- L'express

RETRAITES - DSK répond à la droite

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Published by Karim Ghachem - dans blog politique : DSK
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31 octobre 2008 5 31 /10 /octobre /2008 11:22

Voici un article lu dans Le Monde que je vous conseille vivement:

Article du 30/11 du Monde

B
lanchi par son conseil d'administration de l'accusation d'abus de pouvoir dans le cadre de sa liaison avec une de ses subordonnées, Dominique Strauss-Kahn, le directeur du Fonds monétaire international (FMI), rebondit. Il a retrouvé le dynamisme qui lui avait permis, depuis un an, de commencer à réformer la représentativité et les finances du Fonds.

Au plus fort de la crise financière, il a encouragé les gouvernements à mettre sur pied des plans globaux prévoyant la recapitalisation des banques en difficulté. Le 15 novembre, à Washington, il proposera au G20 un plan de nouvelle gouvernance mondiale baptisé "Global regulation strategy" pour en finir avec les "bulles" à répétition qui détruisent l'économie réelle.

Quand finira la descente aux enfers des Bourses mondiales ?

L'extrême volatilité des marches montre que la crise financière continue à produire ses effets. J'ai bon espoir que cette volatilité se calme parce que les plans financiers américain et européen sont solides ; il leur faut juste un peu de temps pour donner leur pleine mesure.

Je suis plus préoccupé, en revanche, par le ralentissement de l'économie mondiale et ses conséquences sociales. C'est pourquoi le FMI ne peut pas se contenter d'être le pompier qui aide les pays à redresser leurs balances de paiement, il revendique le rôle du maçon qui aide à reconstruire la croissance. En 2009, nous prévoyons une croissance mondiale de 3 %, soit 0 % pour les économies avancées et de 6 % à 7 % pour les pays émergents. Dès le mois de février, j'ai d'ailleurs conseillé à ceux d'entre eux qui le pouvaient de prévoir un soutien budgétaire conjoncturel.

Vous avez été longtemps silencieux. Pourquoi n'est-ce pas vous qui avez élaboré le plan Brown qui a servi de modèle aux autres plans de sauvetage ?

Mais vous ne savez pas tout et c'est normal ! Quand une crise bancaire se déclenche à l'intérieur d'un pays, le FMI n'a pas de rôle direct, mais prodigue des conseils aux gouvernements. Munis de l'analyse unique de 122 crises passées, nous avons martelé deux recommandations. D'abord, en finir avec le cas par cas et mettre au point un plan global ; ensuite, recapitaliser les banques, parce qu'injecter de liquidités ne peut suffire. Jusqu'à la mi-septembre, l'efficacité commandait la discrétion. Depuis, ayant été entendus, nous avons pu parler publiquement.

Que pensez-vous de la proposition de Gordon Brown de faire du FMI une banque centrale mondiale dotée de moyens financiers renforcés ?

Gordon Brown a raison de vouloir réformer l'architecture financière mondiale. Avec la mondialisation, quand l'immobilier s'effondre en Virginie, la Hongrie en pâtit, parce que la chute du secteur résidentiel américain met en difficulté les banques américaines, puis toutes les banques de la planète qui rapatrient leur argent chez elles et coupent les crédits aux pays les plus lointains. L'effet domino se met alors en place. Le FMI peut y parer.

Pour cela, il faut que son rôle de coordonnateur de la régulation mondiale soit réaffirmé – telle est d'ailleurs l'approche de Nicolas Sarkozy. Je proposerai ainsi au G20 un plan de nouvelle gouvernance, ou "global regulation strategy", autour des cinq axes suivants :

1/Mettre au point un prêt nouveau qui permette de soulager les problèmes de liquidités à court terme que rencontrent certaines économies : nous venons d'en définir les caractéristiques.

2/Augmenter les ressources du FMI qui peuvent devenir insuffisantes face à l'ampleur des besoins à moyen terme : c'est ce que propose Gordon Brown.

3/Tirer les leçons des politiques économiques qui ont conduit à ces "bulles" à répétition dont l'éclatement détruit l'économie réelle : c'est la mission qui nous a été confiée, il y a quelques jours, par les 185 pays membres du Fonds.

4/Surveiller la mise en place des nouvelles régulations financières élaborées, avec le FMI, par le Forum de stabilité financière, qui regroupe principalement les grandes banques centrales.

5/Aider à repenser un système mondial plus cohérent parce que plus simple, plus efficace parce que plus coordonné. Au-delà de son rôle de pompier et de maçon, le FMI peut aussi avoir, pour un temps, un rôle d'architecte.

Qu'attendez-vous de la réunion du G20 à Washington, le 15 novembre ?

La mesure de la situation historique que nous vivons. Et donc une impulsion décisive, à partir du document que nous lui soumettrons sur les leçons de la crise, pour la réforme de la gouvernance mondiale.

C'est une perspective que les Américains sont réputés ne pas apprécier…

Beaucoup de choses changent en ce moment. A des degrés divers, tous les pays – y compris les Etats-Unis – reconnaissent que le marché ne fonctionne que s'il est organisé et qu'on ne peut attendre aucun bienfait de la mondialisation si ses défauts ne sont pas corrigés.

Notre assemblée du 11 octobre à Washington a marqué un tournant dans ce domaine : nos 185 pays membres ont accepté à l'unanimité un système coopératif qui a ensuite aidé les Européens à être unanimes à Paris, le 13 octobre. Vous vous souvenez que, quelques jours auparavant, tout le monde ne jurait que par le prisme national…

Vous notez aussi que ce sera un G20 et non un G8 qui se réunira à Washington, le 15 novembre, parce que tous les responsables ont pris conscience que l'économie mondiale ne se réduit plus aux seuls pays riches. Pour ma part, je rappelle sans relâche qu'il y a une autre crise derrière la crise financière : celle que vivent les pays pauvres, frappés de plein fouet par le renchérissement des matières premières et des produits alimentaires. Dans les pays développés, la crise signifie baisse du pouvoir d'achat; chez les plus démunis, elle veut dire risque de famine pour certains, malnutrition pour beaucoup et séquelles pour toute une génération.

L'enquête interne demandée par votre conseil d'administration sur un incident de votre vie privée vous a lavé de l'accusation d'abus de pouvoir. Votre crédibilité et celle du Fonds n'en sont-elles pas affectées ?

Cette enquête a été conduite par un organisme indépendant dont les conclusions sont claires et nettes. Comme l'a dit le conseil d'administration du FMI : "L'incident est clos".

Pour ma part, je suis pleinement dans l'action pour apporter des solutions aux problèmes économiques et financiers de la planète. D'ailleurs, le FMI n'est déjà plus le même qu'il y a un an quand j'y suis arrivé. Il est plus représentatif : la réforme des droits de vote, dont on parlait depuis des années, a été adoptée au printemps et aura à terme des effets considérables. Il est plus efficace : les 500 salariés qui nous ont volontairement quittés donnent une marge pour en embaucher une centaine d'autres qui vont nous aider pour nos nouvelles missions.

Il est plus respecté : l'Asie et l'Amérique latine ne sont plus en délicatesse avec le FMI, qu'elles accusaient d'éteindre les incendies au prix d'une régression économique et sociale. Il est enfin plus pragmatique : autant il serait absurde de prêter de l'argent aux Etats sans conditions, autant ces conditions ne doivent plus découler d'une ligne idéologique mais des besoins des pays. Le FMI a tiré les leçons de ses erreurs passées. J'ai plus que jamais l'ambition de continuer de le réformer pour lui faire jouer un rôle original dans ce nouveau contexte historique.

Propos recueillis par Alain Faujas

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24 septembre 2008 3 24 /09 /septembre /2008 16:26

Un petit copier/coller d'un article interressant sur la situation économique et financière et quelques pistes à travailler


Strauss-Kahn : "une crise systémique implique une solution globale "

LE MONDE | 23.09.08 | 08h17 

 

Nous vivons des temps exceptionnels. Exceptionnels par l'évolution observée sur les marchés financiers, une évolution qui a parfois pris l'allure d'un effondrement. Mais exceptionnels aussi parce que les conséquences prévisibles sur l'ensemble de l'économie, à savoir une récession grave, ne se sont pas manifestées ou du moins pas encore.

 

C'est peut-être cette absence de récession qui conduit un certain nombre de personnes à considérer imprudemment l'éclatement de cette bulle de l'immobilier comme une simple correction, les carences du marché hypothécaire américain comme un incident malheureux, et la faillite d'institutions financières majeures comme des dommages collatéraux.

 

Il y a six mois, lorsque le Fonds monétaire international (FMI) a évalué à plus de 1 000 milliards de dollars (678,26 milliards d'euros) les pertes du secteur financier et prédit un fort ralentissement de l'économie mondiale, on nous a reproché d'être trop pessimistes.

 

Aujourd'hui pourtant, alors que la crise financière fait rage et que la majorité des pertes n'a pas encore été réalisée, il devient clair que des mesures au coup par coup comme celles adoptées au cours des douze derniers mois ne peuvent pas suffire. Seule une solution systémique, conçue pour faire face à toutes les retombées immédiates, mais aussi, et surtout, pour traiter l'ensemble des causes profondes, permettra de restaurer un semblant de fonctionnement normal à notre environnement économique, que ce soit aux Etats-Unis ou dans le monde.

 

 

SOLUTIONS ALTERNATIVES

 

A court terme, une telle approche doit prendre en compte trois éléments : l'approvisionnement en liquidités; le rachat des actifs dévalorisés; l'apport de capitaux aux institutions financières.

 

Le premier impératif des banques centrales est d'éviter des retraits massifs dans les banques et les institutions financières. Pour cela, il faut rassurer les déposants sur la sécurité de leurs avoirs bancaires et fournir des liquidités aux institutions financières en contrepartie de garanties solides. Cette politique a constitué la première ligne de défense utilisée dès 2007, et les banques centrales ont probablement fait autant qu'il leur était possible de faire.

 

La deuxième étape doit être de faire disparaître la cause profonde de la crise, c'est-à-dire la présence d'actifs dévalorisés au bilan des institutions financières. L'expérience internationale a montré qu'il était souvent efficace de créer une structure publique pour racheter ces actifs et en assurer la détention jusqu'à leur maturité. La question principale est alors celle du prix d'acquisition de ces actifs. Il doit être suffisamment élevé pour inciter les institutions financières à vendre, mais il doit être assez faible pour que l'Etat ait la possibilité de retrouver sa mise et de maintenir l'équilibre de ses finances sur le long terme.

 

Il y a toutefois des solutions alternatives potentiellement moins coûteuses que celle d'un rachat pur et simple des créances. C'est ainsi que le FMI a proposé, au cours du premier semestre, une solution basée sur des swaps à long terme de titres hypothécaires contre des obligations gouvernementales. Cette solution a l'avantage d'assainir le bilan des banques à court terme mais leur laisse supporter le risque de long terme plutôt que de le transférer sur le contribuable.

 

Enfin, une recapitalisation du système financier s'impose, et nécessitera vraisemblablement un soutien public. L'insuffisance des capitaux dans l'ensemble du système financier est au cœur de la crise actuelle. Même si le système financier voit sa taille se réduire et même après avoir résolu le problème des actifs douteux, nombre d'institutions financières resteront confrontées à la faiblesse de leur capital.

 

Or sans ces capitaux, elles ne peuvent jouer leur rôle, qui est d'alimenter en crédits l'ensemble de l'économie. Il existe toutefois des moyens pour que l'Etat apporte des capitaux aux banques sans recourir à la nationalisation. Ainsi, certains membres du FMI confrontés à des situations similaires par le passé ont équilibré les apports publics par des injections de capitaux privés. Cela permet de laisser le contrôle aux mains du secteur privé, afin d'éviter la nationalisation des pertes.

 

Les mesures que viennent de décider les Etats-Unis sont les bienvenues, il faut maintenant attendre leur mise en œuvre effective. Pour parer à toute éventualité, les autres pays industrialisés devraient également préparer des plans d'action, notamment en raison de la difficulté à traiter le problème des institutions financières travaillant dans plusieurs pays.

 

 

Si de tels plans d'ensemble sont mis en œuvre, je suis convaincu que les systèmes financiers, qui se sont développés à l'excès par rapport à l'économie réelle, peuvent se stabiliser à un niveau plus raisonnable.

 

CETTE CRISE EST LA CRISE DE LA RÉGLEMENTATION

 

Mais on ne peut s'arrêter là, il faut aborder de front les difficultés à long terme.

 

Un aspect évident touche aux conséquences budgétaires. L'effort initial des finances publiques doit être massif, mais cela n'implique pas que, à l'arrivée, le contribuable doive y perdre. L'expérience internationale montre que, en s'y prenant bien, l'Etat peut espérer recouvrer une grande partie de son investissement initial. Mais, si cela n'était pas le cas, des efforts budgétaires importants seront alors nécessaires pour garantir la stabilité à long terme des finances publiques.

 

Au-delà des finances publiques, la question structurelle la plus fondamentale est celle de la régulation. Pour parler crûment, cette crise est la crise de la réglementation et de son échec à éviter des prises de risque excessives par le système financier, en particulier aux Etats-Unis. Pour s'assurer que cela ne se reproduise pas, le travail de refondation a déjà commencé, et les grands pays industrialisés ont formulé certaines propositions d'amélioration des règles prudentielles, de principes comptables et de pratiques de transparence.

 

 

Au-delà, le rôle des agences de notation, sur lesquelles s'appuie le système financier mondial, devra aussi être repensé pour permettre une plus grande surveillance publique. Mais, dans la mondialisation, il est clair que tous ces efforts n'auront de sens que s'ils sont mis en œuvre par tous.

 

Il faut enfin se demander quelles seront les conséquences de cette crise financière sur le reste du monde. Les économies européennes subissent déjà un ralentissement prononcé, et tout donne à penser, en raison des turbulences actuelles, que ce phénomène se prolongera jusqu'en 2009. Les économies émergentes ont jusqu'à présent bien encaissé le choc, même si certains prédisent un contrecoup brutal dans ces économies à forte croissance, en raison à la fois du risque d'assèchement des flux de capitaux dont elles ont bénéficié jusqu'à maintenant et de la stagnation, voire d'une baisse possible, du cours des matières premières qu'elles exportent.

 

Il faut néanmoins se garder de considérer les marchés émergents comme un bloc homogène. Si certains peuvent souffrir, d'autres bénéficieront de la baisse des cours des matières premières ou de l'accalmie de la demande, d'autres encore ont accumulé des réserves importantes, ont réduit leur endettement et mis en place une politique monétaire équilibrée.

 

Vigilance, objectivité et collaboration –à l'échelle mondiale – seront indispensables pour faire face aux problèmes qui sont devant nous. Je souhaite qu'à l'occasion de l'assemblée du FMI, dans trois semaines, où se rencontreront à Washington les ministres des finances et les gouverneurs de banques centrales, ce dialogue s'établisse pour que chacun puisse tirer les leçons des récents événements sur la régulation du système financier mondial.

 

 

 

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Dominique Strauss-Kahn, Directeur général du Fonds monétaire international (FMI)

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10 juillet 2008 4 10 /07 /juillet /2008 14:23

Un article interressant lu sur libération.fr hier que je vous propose ici :

Nul ne souffre autant de la flambée des prix des produits de base que les pauvres, qui consacrent au moins la moitié de leurs revenus à l’alimentation. Alors qu’aucun signe de détente des prix des denrées alimentaires et des combustibles n’est en vue, nourrir les plus démunis est à l’évidence la première des priorités actuelles. De nombreux pays pauvres ou à revenu intermédiaire sont aujourd’hui dans une situation critique. Le défi qu’ils doivent relever est aussi le nôtre : assurer leur approvisionnement alimentaire sans remettre en cause les progrès accomplis ces dernières années dans la lutte contre la pauvreté grâce à une accélération de la croissance, à une faible inflation et à une meilleure gestion économique.

L’impact de la hausse du coût de la vie est ressenti partout. Dans les pays développés, on se soucie avant tout du prix du pétrole, qui se négocie maintenant à plus de 135 dollars le baril. Mais dans les pays pauvres ou à revenu intermédiaire, c’est le renchérissement des produits alimentaires qui est au cœur des préoccupations : 40 % de la population des pays en développement est déjà en situation de dénutrition, et ce pourcentage pourrait augmenter rapidement. La hausse des prix mondiaux des produits alimentaires a presque doublé l’an passé, et la situation se détériore. Les pressions sur les balances des paiements sont elles aussi intenses. Si les prix du pétrole restent à leurs niveaux actuels, et si les prix des produits alimentaires continuent d’augmenter, 56 pays à faible revenu risquent de perdre des réserves représentant plus de quinze jours d’importations. C’est donc une pression énorme qui s’exerce sur les pays les plus pauvres.

Et ces pressions ne devraient pas s’atténuer sensiblement dans un avenir prévisible. L’offre demeure très tendue, en particulier pour les produits pétroliers, et les pays pauvres ou à revenu intermédiaire qui connaissent une croissance rapide continueront à susciter une forte demande de produits de base. Les stocks de denrées alimentaires ont diminué, laissant le monde plus tributaire que jamais des aléas climatiques. En outre, l’augmentation de la production de biocarburants aux Etats-Unis comme dans l’Union européenne continuera de peser elle aussi sur les prix. Comment le monde doit-il réagir à ce double choc ? Chaque pays est différent et les réponses préconisées varieront considérablement. Mais le défi lancé à tous les pays pauvres ou à revenu intermédiaire sera de trouver le moyen de nourrir ceux qui ont faim sans entretenir l’inflation ou épuiser les réserves de change. Cela suppose des compromis difficiles. D’un point de vue économique, il est raisonnable de répercuter intégralement les hausses de prix sur les consommateurs, car cela encourage les producteurs à augmenter leur offre et les consommateurs à diminuer leur demande. Dans le même temps, il convient de protéger les pauvres qui sont frappés par ces hausses. Le meilleur moyen d’y parvenir est de mettre en place un dispositif de protection sociale bien ciblé.

Les autorités nationales doivent aussi être conscientes des conséquences macroéconomiques de leurs actions. Contenir l’inflation est un enjeu majeur. Dans certains pays, il pourra être nécessaire de resserrer la politique monétaire pour éviter que le renchérissement des denrées alimentaires et des combustibles n’entraîne une hausse plus générale des prix. Dans certains pays importateurs nets de produits alimentaires et de combustibles, une dépréciation du taux de change réel sera sans doute nécessaire.

La politique budgétaire doit aussi refléter la situation économique de chaque pays. Certains peuvent financer l’aide aux plus démunis en assouplissant leur position budgétaire, tandis que d’autres doivent augmenter leurs recettes ou opérer des coupes ailleurs dans les dépenses. Le soutien de la communauté internationale s’impose de façon plus pressante dans les pays où il est difficile d’augmenter les dépenses.

Le commerce est une autre question clé : les marchés mondiaux de denrées alimentaires doivent demeurer ouverts. Certains des principaux producteurs ont choisi récemment de restreindre leurs exportations. Si l’urgence d’assurer l’approvisionnement alimentaire national est compréhensible, ce type de politique a pour effet d’exporter la faim et aggrave les difficultés à l’échelle mondiale en décourageant la production. Il faut donc mettre fin aux mesures de taxation et d’interdiction des exportations, afin que producteurs et consommateurs puissent s’ajuster aux hausses de prix. L’abaissement des droits de douane peut également être utile en réduisant les effets de distorsion des échanges et en atténuant les hausses de prix. Dans ce contexte, une issue positive du cycle de Doha, notamment en ce qui concerne l’agriculture, est absolument essentielle.

Le FMI offre d’ores et déjà ses conseils économiques et ses concours financiers pour aider les pays vulnérables à répondre efficacement à la crise. Mais une approche multilatérale s’impose. La communauté mondiale doit faire en sorte que les aides alimentaires et financières parviennent aussi vite que possible aux pays les plus touchés. Nous devons reconnaître la gravité du défi que tant de pays doivent relever aujourd’hui et aider ces derniers à y répondre par des mesures qui ne compromettent pas la stabilité économique. Ce défi est aussi le nôtre.

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18 novembre 2007 7 18 /11 /novembre /2007 21:44
DSK au FMI: Article du "Monde"

Ravagé par une guerre civile qui a fait plus de 270000 morts jusqu'en 2003, le Liberia a, depuis le 12 novembre, la garantie du Fonds monétaire international (FMI) que ses arriérés de paiement seront soldés.

Les pays qui résistaient aux appels à l'aide de la présidente libérienne Ellen Johnson-Sirleaf, soutenue par Robert Zoellick, le président de la Banque mondiale, se sont laissés convaincre par le nouveau directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn,d'apporter leur contribution au redressement du pays le plus pauvre d'Afrique après la République démocratique du Congo.

Ce sont 93 pays qui ont finalement accepté de lui apporter 842 millions de dollars (575 millions d'euros). Dans la liste de ces donateurs, on trouve les pays du G8, mais aussi l'Australie ou le Luxembourg, des pays émergents comme la Chine ou le Mexique et même des pays très pauvres, tels le Tchad et la République centrafricaine.

Dans un communiqué, M. Strauss-Kahn les a remerciés, ainsi que M. Zoellick, pour cette avancée qui "constitue une étape déterminante pour mettre le Liberia sur la voie d'un apurement total de sa dette". En effet, les abandons de créances bilatérales déjà effectués par la Banque mondiale, les Etats-Unis et l'Allemagne pour 600 millions de dollars, par la Chine (15 millions) et malgré les apports du G8 (324,5 millions), le Liberia était toujours bloqué par ses arriérés.

Ceux-ci l'empêchaient de prétendre à une annulation de sa dette multilatérale qui représente 1,5 milliard de dollars sur une dette totale de 3,7 milliards. Ils ne lui permettaient pas non plus d'obtenir les nouveaux prêts indispensables pour accélérer la reconstruction du pays et réintégrer les 95 000 anciens combattants désormais au chômage.

"C'est typique de ce que doit être l'action du FMI, a commenté M. Strauss-Kahn qui est entré en fonctions le 1er novembre. La mission du Fonds est d'aider les pays en difficulté et pas seulement de jouer les gendarmes", a-t-il assuré. Le nouveau directeur du Fonds a d'ailleurs pris son téléphone pour convaincre ceux qui jugeaient que l'aide promise à l'Afrique par le G8 en 2005 à Gleneagles (Ecosse) devait être apportée par les membres de ce groupe et non par des pays moins riches. "En surmontant leurs réticences, ils ont fait preuve d'une belle solidarité", a conclu M. Strauss-Kahn. Les experts du FMI mettent ainsi la dernière main à un programme d'aide de trois ans.

Le Liberia n'est pas pour autant tiré d'affaire. La corruption y atteint un niveau très élevé. Certes, Mme Johnson-Sirleaf n'est plus sous la tutelle imposée par la communauté internationale à son prédécesseur - à son arrivée au pouvoir en 2005, elle avait licencié tout le personnel de son ministère des finances -, mais l'aide continue de transiter par des organisations non gouvernementales pour éviter les prédations de certains fonctionnaires.
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1 septembre 2007 6 01 /09 /septembre /2007 21:59
Suivre la campagne de DSK

L'actualité en ce moment est riche pour les socialistes, vous pouvez retrouver les comptes rendus des atelierS de l'université de la Rochelle sur le site "université 2007 de la Rochelle".

Mais je voulais vous parler d'un autre site, celui qu'a ouvert DSK pour nous faire partager ses impressions et les réactions qu'a succité sa campagne à travers différents pays de la planète. (cliquez sur la bannière pour y accéder)

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C'est vrai qu'un socialiste à la tête du FMI peut paraitre bizarre, surtout qu'un autre socialiste français essaye déja de diriger l'OMC. Mais est ce que la meilleur façon de corriger l'orientation ultra-libérale de la mondialisation n'est pas d'essayer de le faire à l'intérieur des organes sensés réguler cette mondialisation.

C'est un grand challenge et le poids que cet espoir engendre doit être lourd à porter; car il ne supportera pas une autre desillusion. Non je n'attends pas de miracles car je n'ai jamais cru au lendemain qui chante, mais je pense que DSK a la stature, le talent et surtout la conviction nécessaire pour reorienter ces institutions afin qu'elles ne se contentent plus d'accompagner le marché mais qu'elles l'utilisent pour plus de justice et d'équité.

Oui je pense que DSK aurait été un acteur majeur pour remettre le parti socialiste dans le chemin de la modernité et des victoires. Mais autant je pense que le parti socialiste a plus besoin de débattre et de clarifier ses orientations que de désigner un leader, autant je pense qu'un homme peut changer les choses à la tête d'une organisation internationale, s'il a la volonté et le talent pour convaincre, le courage pour ne pas renoncer à ce qui la fait adhérer au parti socialiste: "combattre les inégalités". Le temps d'un leader au parti socialiste attendra.

Oui, vous allez me dire que je suis naif ou simplement un groupie, c'est faux, simplement je n'arrive pas à être fataliste et je ne renoncerai jamais à penser que l'on peut changer les choses.

"Save the world, save the cheerleader", lol
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10 juillet 2007 2 10 /07 /juillet /2007 19:47
Un atout pour la réforme des institutions internationales

DSK est candidat à la direction du FMI suite au soutien des 27 pays européens. Sa compétence, sa volonté de réforme et son talent reconnus au niveau international (parfois même plus qu'en France) seront autant d'atout pour la lourde tâche qu'aura un futur dirigeant du FMI qui veut réellement donner un nouveau cap à cette organisation internationale.

Quant à la polémique sur la poursuite de l'ouverture de Sarkozy, je trouve que l'amalgame est un peu trop gros. C'est d'une instance internationale dont il s'agit, pas d'une succursale de la holding présidentielle de notre président.

De plus, le consensus créé par cette candidature auprès de l'ensemble des gouvernements européens est dû plus à la reconnaissance de la bonne conduite de l'économie, des finances de la France lors des premières années du gouvernement de gauche conduite par Lionel Jospin et à la personnalité estimée de DSK que par le soutient soudain de Nicolas Sarkozy.

Enfin, une petite réflexion pour ceux qui doutent encore de la capacité de la gauche de diriger notre pays: 2 socialistes français à la tête de deux des institutions internationales Pascal Lamy à l'OMC et peut être DSK au FMI. Efficacité économique peut très bien rimer avec volonté de justice sociale.

Je crois aussi que c'est le symbole que les gouvernements des différents pays de la planète ont conscience que le néolibéralisme est sans issue, que la déréglementation, la dissolution des acquis sociaux sont contre productives et que le triptyque stabilisation-libéralisation-privatisation doit être abandonné.Face aux mutations rapides de la globalisation mondiale, ces instances internationales vont devoir redéfinir leurs priorités qui doivent être: l’annulation de la dette extérieure, la lutte contre la pauvreté, la redistribution des revenus, la préservation des services publics de santé et d’éducation, le développement d’infrastructures (transports, eau, …) et en priorité vers les pays en voie de développement. Cela n'est pas simplement une question de justice mais c'est aussi le seul salut pour les pays développés qui ne pourront pas indéfiniment ériger des murs inefficaces, des frontières perméables afin de pouvoir fermer les yeux sur le chaos qui est en train de se former en dehors de leurs abris.

Facile à dire, il faudra du courage, de la ténacité, de la force et du temps pour ceux qui auront la volonté d'aller dans cette direction.

Aussi, Dominique bon courage!


Ci joint le communiqué de DSK:

"Les Vingt-Sept Etats-membres de l’Union européenne viennent de soutenir ma candidature à la direction générale du Fonds Monétaire International.

Je veux remercier chaleureusement les Vingt-Sept de la confiance qu’ils m’ont témoignée. Les paroles et l’action très positives du Président de la République Française, Nicolas Sarkozy, ainsi que l’appui très engagé que m’apporte depuis le début le Premier Ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker ont été décisifs pour dégager le consensus nécessaire à celui qui sera choisi  pour occuper ce grand poste international.

C’est un premier pas très important. Je vais maintenant m’attacher à convaincre les autres parties prenantes.

La période qui vient doit être celle de l’adaptation du FMI à la nouvelle donne créée par la mondialisation financière. Il va en effet falloir redéfinir les missions du Fonds ainsi que la place respective des différents partenaires, notamment en donnant aux pays émergents le rôle qui leur revient".

 
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21 juin 2007 4 21 /06 /juin /2007 00:13
Pittbull !!!

Voici un florilège des intervention de Sylvie Noachovitch, la candidate UMP qui a été battu par DSK. Et dire que certains ont pu lui accorder leur voix, ça fait froid dans le dos... Est ce cela le renouveau de l'UMP, pour la première fois je crois que je suis plutôt conservateur et préfère les bon vieux RPR, au moins on pouvait s'opposer sur des idées, là ça vire à la farce.

Je crois que là DSK nous a épargné d'une castafiore à l'assemblée nationale. La Politique et la démocratie en sortent grandit.

Je comprends plus que jamais pourquoi je n'ai jamais supporté cette émission de TF1 "Sans aucun doute". Plus aucun doute !!!


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7 juin 2007 4 07 /06 /juin /2007 13:56

2ème volet de l'analyse de Dominique Strauss Kahn pour une refondation de la gauche

Paru le 07 juin dans le nouvel observateur:

Refondation de la gauche ( 2 )

Pour une nouvelle cohérence économique et sociale
Par Dominique Strauss-Kahn

 « Deux constats s’imposent à nous. Notre compétitivité s’érode : la France est en train de perdre la bataille économique. Notre modèle social a un coût très élevé alors même que son efficacité dans la lutte contre les inégalités paraît faiblir.

De ces deux constats indiscutables, Nicolas Sarkozy a tiré une stratégie et une diatribe : la France doit retrouver sa compétitivité en liquidant son modèle social. Il semble penser de surcroît que cette liquidation ne suscitera guère de protestations, puisque ce modèle procure moins de bénéfices que par le passé et qu’il n’est plus créateur d’espoir.

Largement enfermée dans le schéma de la relance par la demande, la gauche a refusé de prendre toute la mesure de la perte de compétitivité de l’économie française et a continué de faire comme si l’on pouvait redistribuer sans trop se préoccuper de produire. Dans le même temps, elle n’a pas suffisamment pris en compte la montée en puissance de nouvelles formes d’inégalités et a considéré que les politiques sociales traditionnelles continuaient à fonctionner de façon satisfaisante. Leur évidente incapacité à lutter contre la pauvreté et l’explosion des inégalités a été attribuée non à leur inadéquation grandissante, mais à une force de frappe insuffisante. Il ne s’agissait plus dès lors de les faire évoluer : il suffisait de les renforcer.

Que la thérapie retenue par Nicolas Sarkozy soit inappropriée ne change rien au diagnostic : entre deux constats fondés et partagés par une grande majorité de Français et une analyse doublement décalée, les électeurs ont choisi. Pour rétablir sa crédibilité, la gauche doit retrouver une cohérence économique et sociale qui permette de fonder une critique radicale du libéralisme sans se limiter à un pamphlet contre le capitalisme.

La compétitivité et l’égalité réelle

Si l’on veut remédier à la perte de compétitivité de notre économie, il faut en identifier les causes. Sur un marché devenu mondial, arrivent une quantité importante de travail et une moindre quantité de capital. Devenu relativement abondant, le travail voit son prix baisser ; demeurant relativement rare, le capital bénéficie d’une rémunération croissante. Pour autant, la stratégie conduisant la France à renouer avec une compétitivité forte ne passe pas par l’abaissement du coût du travail : quelle que soit l’amertume de la potion libérale imposée à l’économie française, le coût du travail n’y sera jamais assez faible pour autoriser notre pays à rivaliser en la matière avec les économies émergentes. Il faut au contraire promouvoir le type de travail qui, à l’échelle du monde, reste rare et peut donc être cher : le travail suffisamment qualifié pour nourrir l’innovation.

Quant à notre modèle social, il souffre aujourd’hui de deux faiblesses qui le rendent peu apte à contribuer à l’égalité réelle. Les politiques sociales sont d’abord trop réparatrices et pas assez préventives. Il ne suffit plus de constater les inégalités créées par le marché et de chercher à les compenser au moyen d’allocations diverses : il faut les attaquer à la racine, là où elles se forment, dès l’enfance, au travail, dans le tissu urbain. On ne peut plus se contenter d’aider les pauvres : il faut construire une société qui fabrique moins de pauvres. De ce point de vue, les politiques d’éducation et de santé sont les premières en cause. D’où la nécessité, sur certaines parties du territoire, d’allouer massivement du capital public à ceux qui ont peu de capital personnel. C’est ce qui justifie de limiter à quinze élèves l’effectif des classes dans certaines banlieues ou certaines zones rurales. C’est ce qui fonde l’opposition à l’instauration des franchises médicales et impose, à rebours, l’adoption d’une vigoureuse politique de prévention en direction des enfants et des familles pauvres.

Nos politiques sociales sont ensuite trop monétaires : elles reposent excessivement sur le versement d’allocations et font encore assez largement l’impasse sur l’accompagnement individuel. Le vieillissement de la population illustre l’inadéquation de ce modèle : sujet crucial des décennies à venir, il ne peut trouver de réponse pertinente dans la seule redistribution monétaire. Le problème des retraites est évidemment important ; mais l’adaptation du travail à l’âge des seniors, l’amélioration de la santé au travail ainsi que la prise en compte de sa pénibilité sont des questions tout aussi décisives.

Nous voyons tous aujourd’hui que les remboursements ne suffisent plus à garantir l’amélioration de l’état de santé des individus, contrairement à la mise en place de parcours de soins. Nous voyons aussi que l’augmentation de l’allocation de rentrée scolaire n’est pas véritablement un gage de la réussite à l’école, contrairement au renforcement de l’encadrement des élèves et du soutien qui peut leur être apporté.

Le social dans l’économie

Ce qu’il nous faut finalement, ce n’est ni le social au mépris de l’économie, que la gauche a trop tendance à pratiquer lorsqu’elle croit pouvoir développer des politiques sociales en négligeant les conditions de leur financement, ni le social par l’économie, que la droite persiste à prôner parce qu’elle pense que quand l’économie va, tout va. C’est le social dans l’économie, c'est-à-dire des politiques sociales dont la mise en œuvre contribue à la croissance économique.

Quand on permet aux talents qui naissent dans les banlieues d’aller à l’université, c’est aussi l’économie dans son ensemble qui en bénéficie. Quand on améliore la santé au travail, c’est aussi la productivité qui s’élève. Quand on facilite le retour à l’emploi des salariés frappés par les délocalisations, c’est aussi le tissu industriel qui retrouve sa trame.

Si notre avenir repose sur la valorisation du capital humain de nos concitoyens, c’est parce que la protection contre les effets indésirables de la mondialisation passe par une économie plus efficace. Ce qui nous protégera à l'avenir, c'est la compétitivité, pas le repli. Il nous faut donc un Etat qui fasse de cette entreprise de valorisation sa tâche principale, non un Etat qui s’emploie à privilégier la rente en abaissant les droits de succession.

Une politique durable

Chacun comprend aujourd’hui qu’il n’est de politique efficace que si elle est durable. « Durable », cela veut dire qu’elle sera mise en œuvre longtemps et poursuivie avec opiniâtreté, mais aussi qu’elle sera efficace et financée à long terme - certains diraient « soutenable ». Il faut donc intégrer à la logique du développement des contraintes – sociales, environnementales, énergétiques - qui ont jusqu’alors été considérées comme latérales. Une fois la politique économique définie, on s’interrogeait sur ses conséquences sociales et environnementales pour en corriger éventuellement les effets. A l’avenir, il ne pourra plus en aller de la sorte. Il faut dorénavant que, dès sa conception, la politique tienne compte des conditions de sa durabilité.

Ceci vaut naturellement aussi pour les finances publiques. Le retour à un taux d’endettement supportable est la condition impérative d’une politique durable. On comprend aisément que ceci ne soit guère compatible avec une politique à courte vue d’allègements fiscaux.

Disons-le d’une phrase : aucune politique ne peut porter de fruits si elle n’est pas suffisamment acceptée par la société pour durer, durer, durer encore.

Le contrat et l’Europe

Comment le faire ? Question de méthode. Question d’espace aussi.

La méthode, c’est le contrat. Le contrat entre l’Etat et ses différents partenaires, en particulier les collectivités territoriales sur lesquelles reposeront, à l’avenir, une bonne part des politiques publiques. Mais aussi le contrat avec, et entre, les partenaires sociaux. Il faut pour cela des syndicats forts et, surtout, parfaitement légitimes. D’où l’ardente nécessité de mettre en place des mécanismes propres au renforcement de leur représentativité. D’où, aussi, l’importance d’engager de vraies négociations et de se refuser à poser constamment le pistolet de la loi sur la tempe des partenaires sociaux. D’où, enfin, l’urgence de favoriser l’émergence d’un nouvel acteur, le consommateur, qui doit être en mesure de contester la toute-puissance des entreprises.

L’espace, c’est l’Europe. L’Etat-Nation n’est plus le lieu pertinent de la lutte contre les effets indésirables de la mondialisation. De cette affirmation banale, il faut tirer toutes les conséquences : donner à l’Union européenne les moyens de financer des politiques favorables à la croissance et à l’emploi comme de piloter la recherche ; négocier les premiers éléments d’une Europe sociale ; garder l’ambition de fonder une Europe politique. Je ne vois rien de cela ni dans le protectionnisme national qui nous a été promis pendant la campagne présidentielle, ni dans le mini-traité qui nous est annoncé par Nicolas Sarkozy.

Il n’y a pas d’avenir pour la France dans une vision trop étroitement nationale ou trop étroitement économique. Il n’y a pas d’avenir pour la gauche dans une vision trop étroitement sociale ou trop étroitement étatique. Notre avenir ne peut se construire qu’à travers la mise en œuvre, dans l’espace européen, de politiques négociées permettant de répondre à l’exigence sociale et de renforcer la compétitivité. Ceci passe par une réforme radicale de nos politiques publiques qui ne peuvent plus prétendre se limiter à corriger, après coup, les méfaits du capitalisme mondialisé. Il faut accepter de « se salir les mains », d’intervenir sur le fonctionnement même du système productif. Il faut un socialisme du réel. »

 DSK

 

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Published by Karim Ghachem - dans blog politique : DSK
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